USA 5 : New England, au cœur de l’histoire maritime américaine

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Mystic River, Martha’s Vineyard, Nantucket, Newport : 4 noms universellement connus, qui évoquent un passé maritime exceptionnel, de la chasse à la baleine à la perte de la Coupe de l’America.

Mystic River

au nord de la double pointe est de Long Island, est célèbre pour son musée maritime, Mystic Seaport (et aussi pour le film de Clint Eastwood, mais c’est une autre histoire). C’est une des dernières rias du Long Island Sound. Ensuite, la côte se creuse au niveau de la vaste Narraganset Bay, où se trouve Newport, avant Buzzard Bay, profonde échancrure protégée par l’alignement des Elizabeth Islands (au fond de Buzzard Bay, un canal a été creusé pour rejoindre Boston en évitant de faire le tour du Cape Cod, dangereux à cause du brouillard, des bancs de sable et des courants). Au large, 2 îles principales se situent à quelques milles de la côte, Martha’s Vineyard et Nantucket. Beaucoup de lieus-dits ont gardé des noms hérités de la civilisation indienne anéantie par les immigrants européens.

Ce 20 juin, une jolie brise de  SW et un soleil magnifique nous accompagnent jusqu’à l’entrée de Mystic River, ses îles privées et ses belles propriétés.

Nous faisons route jusqu’à la fin de l’estuaire, avant le pont de chemin de fer tournant qui barre l’entrée du port de Mystic proprement dit.

En préparant cette étape, nous avions beaucoup hésité. On peut en effet entrer dans le port et passer la nuit au ponton visiteurs du musée. Contrainte de réservation, de coût, d’horaires des ponts, nous avons cherché une autre solution, qui n’est pas facile à trouver. A part la marina située tout près du pont tournant, très fréquentée et exposée au sud, les principaux abris sont très loin, à l’entrée de la rivière, et la perspective de faire quelques milles en annexe contre le vent et le clapot ne nous enthousiasme guère, d’autant que chargée à 4, l’annexe ne déjauge pas. Entre les pontons et les bouées, impossible de mouiller. En cherchant bien, une minuscule marina attire notre attention, au nord de Mason Island, sauf que la carto annonce tout juste 4′ d’eau, ce qui nous laisse seulement 10 cm de pied de pilote sous les safrans.

Il s’agit, comme souvent aux US, d’une petite marina familiale. Jack, son propriétaire, nous indique au téléphone qu’il a une bouée pour nous, que les 4′ sont garantis et qu’on peut rester autant qu’on veut pour visiter le musée, bingo! Le lendemain, en allant payer, Jack me présentera sa mère (qui nous donne des conseils très pertinents sur Nantucket et Martha’s Vineyard en nous répétant à quel point son fils était un « good guy »), son oncle qu’il tiendra absolument à appeler, pour qu’on aie une conversation en français (qu’il a appris en autodidacte et qu’il parle effectivement parfaitement). Tout ça est fort sympathique, à défaut de nous laisser arriver au musée de bonne heure comme initialement prévu!

Pour l’heure, la soirée s’annonce splendide, et il suffit d’un coup d’annexe pour se retrouver en pleine ville, avec ses bâtiments historiques, ses ponts basculant et tournant.

   

 

Excellent accueil partout, notamment chez ce jeune caviste qui présente une diversité de bouteilles étonnantes, et chez qui nous trouvons la production d’amis médocains de la famille!

Beau et bon restaurant au bord de l’eau, devant le coucher de soleil, yes!

Le lendemain, petite déception : Mystic Seaport se révèle très en dessous de sa réputation. En fait il s’agit surtout d’un musée « terrien », organisé autour d’un village composé de vieilles maisons rénovées.

Chacune abrite un commerce ou un artisanat de l’époque animé par des bénévoles, remis en service avec un soin de la mise en scène dont seuls les américains ont le secret.

Par contre, le musée est assez pauvre en bateaux (rien à voir avec des musées comme Douarnenez ou Portsmouth), à l’exception du Charles W.Morgan et de l’exposition de dériveurs.

Le Charles W. Morgan est le seul survivant des 600 trois mats baleinier construits, très bien conservé, qui permet de tout savoir sur la chasse à la baleine.

Nous pensions qu’elle se pratiquait principalement près des bancs de Terre Neuve, pas du tout! Ces bateaux partaient pour des campagnes durant jusqu’à 5 ans, dans les parages du Cap Horn. Difficile d’imaginer ce que pouvait endurer l’équipage, constitué de matelots venant du monde entier (et qui ne parlaient pas la même langue). Quand les matelots ne laissaient pas leur peau à harponner des baleines dans leur frêle embarcation, ils se retrouvaient sur le pont devenue une vraie patinoire : la baleine y était dépecée, et d’énormes morceaux fondus dans deux marmites chauffées dans des fours en plein air sur le pont.

Entre la graisse bouillante qui inondait le pont, le sang de la baleine, le risque permanent de se faire écraser par une barrique remplie d’huile, le tout amplifié par les violents mouvements du bateau dans les quarantièmes rugissants, on se demande comment le capitaine pouvait ramener des survivants à la maison 5 ans plus tard. Le tout pour un profit dont la répartition se passe de commentaire.

Ces bateaux comportent une autre particularité non documentée. Étant construits selon les échantillonnages des bateaux de guerre, ils doivent pouvoir être réparés très rapidement en cas d’avarie. C’est pourquoi la drosse de barre (le câble qui relie la barre à roue au safran, partie immergée de l’appareil à gouverner) est entièrement apparente, pour surveiller son usure, la retendre et la changer si nécessaire. Pour qu’elle soit ainsi accessible, la barre à roue est solidaire du safran, par l’intermédiaire d’une barre franche qui les relie. L’homme de barre est ainsi debout sur la barre franche, et l’ensemble est en mouvement permanent au gré des coups de barre (et de roulis), timonier compris!

L’autre lieu marquant du musée, c’est le hall qui retrace l’histoire des dériveurs de la Nouvelle Angleterre, qui met en évidence leurs formes très novatrices, améliorées notamment par le talent du grand architecte que fut Nathanael Herreshoff.

Un peu lassés par les animations à terre, nous décidons à l’unanimité partir tôt, d’autant que le temps n’est pas franc du collier, avec des orages annoncés et déjà quelques enclumes à l’horizon.

La route vers l’est est tout sauf franche : les chenaux sont faits pour rejoindre ou quitter la terre à angle droit. Quand on reste parallèle à la côte, on doit zigzaguer pendant plusieurs milles entre des rochers affleurants, dans un fort courant traversier. Une fois dégagés, 15 milles nous restent à parcourir jusqu’à Block Island, où nous avons décidé de passer la nuit.

Cette île à exactement la forme d’une côtelette d’agneau, et lui vaut son surnom de Lamb Chop Island.

Outre cette forme curieuse, elle a la particularité d’abriter un immense lagon en son centre. Il s’agit d’un ancien lac, qui a été mis en communication avec la mer par un étroit chenal.

Nous y arrivons pile devant le front, à la tombée de la nuit, avec une belle brise 3/4 arrière qui a pleinement justifié un ris et qui nous tire à plus de 12 nds. Une fois amarrés à une bouée, un splendide arcus annonce le front orageux, sans trop de vent toutefois.

Cette ile est très sauvage, et aurait mérité une visite plus longue, à se balader le long de ses belles côtes de sable, mais Martha nous attend!

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Martha’s Vineyard

Le lendemain, un temps splendide nous accompagne pour la magnifique étape vers Martha’s Vineyard, au début sans vent, puis avec une brise de suroit forcissant à une vingtaine de noeuds dans le courant de l’étroit sound qui sépare Martha’s Vineyard, au sud, des Elisabeth Islands au nord. Le paysage est de toute beauté, et nous sommes rattrapés, peu avant l’arrivée par 2 cousins Gunboat (Gunboat a été racheté par Outremer) qui régattent  entre eux.

 

Le mouillage de Vineyard’s Harbour est en général entièrement occupé par les bateaux traditionnels de l’île, et nous avons beaucoup de chance d’y trouver une bouée libre où nous resterons 2 nuits, une nouvelle dépression pluvio-orageuse étant annoncée le lendemain

 

 

 

Nous nous retrouvons au milieu d’un véritable musée en plein air, rempli de bateaux typiques de la Nouvelle Angleterre.

 
   

 

En plus d’être très « wealthy » (riche) Martha’s Vineyard est un sommet de bon goût. Ce fut le lieu de villégiature préféré du clan Kennedy, et plus récemment des Obama, bien à l’écart du bling bling. Mais l’île, ou plus précisément son annexe Chippaquiddick, y connut pourtant le drame en 1969, avec la mort d’une collaboratrice de Ted Kennedy, noyée dans sa voiture dans des conditions qui firent scandale et ruinèrent la carrière du jeune sénateur.

L’ile est plus grande qu’il n’y paraît, et c’est entassés dans une mini décapotable…

…que nous en visitons les principaux points d’intérêt, la côte nord ouest où la plupart des maisons, désormais les pieds dans l’eau, sont à vendre, Edgartown et ses belles maisons de capitaines baleiniers, devant Chippaquiddick, et ses fameux « lobster rolls » (sandwiches débordant de homard)

… la pointe NW, Gay Head, ses falaises ocres et le vieux port de Menemsha Creek, rendu difficile d’accès par le courant de marée.

 

Les allusions au tournage, dans l’île, de Jaws (les Dents de la Mer) par le tout jeune Spielberg, sont encore bien présentes, bien que le tournage date de plus de 40 ans.

   

 

 

Au passage, la visite d’Oak Bluffs nous donne envie d’y passer une nuit. Chose faite le lendemain.

L’ambiance y est très différente de Vineyard’s Harbour. Le port, construit dans un petit lac raccordé à la mer au début du siècle dernier, est très vivant, avec de nombreux restaurants sympathiques.

Mais la curiosité ce n’est pas le port.

Au début du 19ieme, une vaste esplanade au bord de la mer fut choisie comme lieu de rencontre annuel des Methodistes.

Le succès fut tel que les familles commencèrent à développer un camp de toile, rapidement remplacé par des bâtiments en bois. En 1866, l’une des premières « communities » américaines fut créée sous les arbres, et plus de 600 maisons y furent construites entre 1868 et 1871, sur des terrains minuscules! Ce fut qui construirait la plus ornementée, la plus originale et la plus colorée. Environ la moitié de ces « Gingerbread Cottages » subsistent aujourd’hui. Transmises de génération en génération, les rares  qui viennent sur le marché s’arrachent aujourd’hui à prix d’or.

 

 

Passé l’heure de la messe, il y eut une forte demande de loisirs, qui fit la fortune des restaurateurs et des organisateurs de sports nautiques en tous genres, Oak Bluffs moderne était née.

 

Nantucket

Le lendemain, excellente nouvelle, un grand ciel bleu s’annonce pour les deux nuits que nous passerons à Nantucket. Bancs de sables mobiles (mais bien balisés), forts courants, brume fréquente, l’accès à Nantucket ne devait pas être simple du temps des baleiniers à voile. On accède à l’immense zone de mouillage en contournant un phare très photogénique, moult fois reproduit en peinture ou photo.

 

 

La partie de l’immense zone de mouillage proche de la ville est entièrement occupée par des bouées, une fois de plus l’ancre reste à poste. Les deux Gunboats croisés dans Martha’ Sound nous rejoignent au mouillage.

En ville, un très intéressant musée baleinier a été aménagé dans une ancienne usine de bougies (fabriquées à partir d’huile de baleine raffinée).

De son toit, on a une très belle vue sur la rade.

On y apprend que la rade, bien qu’immense et bien protégée, était rendue difficile d’accès par une barre. La taille des bateaux augmentant, il fallut imaginer un système de barge flottante, pour soulever les bateaux au passage de la barre.

Devant tant de difficultés, les armateurs délaissèrent, en quelques années, Nantucket au profit des ports de la côte. Cela nous vaut aujourd’hui de visiter un port figé dans l’histoire et très bien conservé. On débarque à terre par une jetée donnant sur une belle plage.

 

 

Le centre ville a conservé ses rues pavées, ses anciens entreponts sur pilotis et ses belles maisons de capitaine.

 

 

   

 

La couleur grise des maisons vient du bardage extérieur en bois brut, à l’instar des tavaillons de nos montagnes.

Malheureusement, Boston est tout près, et la spéculation immobilière y bat son plein, entraînant dans son sillage les prix de … tout (pour la première fois, nous n’avons pas pu trouver un restaurant à un prix disons … décent, avant de se retrouver au bateau devant un frigo pourtant un peu vide!). On aurait dû se méfier en payant la bouée 75$ la nuit!

Deuxième conséquence, une foule considérable, et comme ce peuple n’est pas capable de faire 50 m sans sa voiture, tout le centre est pollué par des hordes de 4×4 énormes, il faut se réfugier dans les rues les plus isolées pour profiter d’un peu de calme.

Après cette tranche de vie bostonienne déportée, il est temps de faire demi-tour vers Newport. Dans le chenal de sortie, nous doublons un beau voilier couleur locale, parfaitement réglé, qui brille de tous ses inox rutilants et de ses nombreuses couches de vernis qui ont dû occuper le propriétaire tout l’hiver.

 

Elisabeth Islands

Au nord de Martha’s Vineyard et de Nantucket, et dans le prolongement du Cape Cod, ces très belles îles ferment le sud de Buzzard Bay. Quasiment toutes privées, on ne peut y débarquer (elles sont propriétés de la famille Forbes, dont John Kerry est un des descendants, peut-être son cousin Brice Lalonde en possède-t-il un bout!), mais on peut y mouiller. On y accède par The Strait, un étroit passage où le courant se transforme en torrent, mieux vaut bien préparer son coup car les bouées et les tourelles défilent à toute vitesse. Superbe mouillage pour la nuit à Hadley.

Nous sommes seuls sous les arbres comme dans une ria bretonne, visite en annexe du réseau complexe de bras de mer qui sépare les îles.

Visite rapide le lendemain à Cuttyhunk, tout au bout de l’archipel. Cette ile est la seule non privée, et un curieux port y a été creusé carré dans une lagune, au bout d’un chenal étroit et sinueux.

 

A terre, nous y apprenons qu’elle ne vit que les quelques mois d’été, même si quelques familles restent à l’année sous la neige et dans le brouillard.

Il y a quand même un policier solidement armé disposant d’un curieux véhicule, on ne sait jamais, et un facteur sans doute très fier de sa voiture électrique qui doit lui épargner ses 500 mètres de tournée à pied.

 

Newport

Il ne nous reste que quelques milles pour rejoindre Newport. Mais  auparavant, nous faisons le détour pour apercevoir les fameuses « mansions » construites au bord de l’eau sur la côte est, que nous avons l’intention de visiter le lendemain, à commencer par « The Breakers ».

Ces véritables châteaux (70 pièces, 14 000m2 pour The Breakers!) ont été construits par les grandes fortunes du pays, au début du 20ieme, sans limite de moyens. Il s’agissait avant tout d’en imposer à ses invités lors de fêtes somptueuses qui ont inspiré Scott Fitzgerald. D’ailleurs les deux plus imposantes, The Breakers et Marble House, construites pour deux branches de la famille Vanderbilt, n’ont été occupées qu’un été pour la première et 3 étés pour la seconde! Même si le travail des artisans est exceptionnel, ce sont principalement des copies de châteaux européens, d’un goût souvent douteux.

Pour bien comprendre ce qu’elles représentent de la grandeur des USA, c’est le lobby de The Breakers qui a été choisi pour le diner du Président Kennedy venu assister à la coupe de l’America 1962 (à une époque où la Coupe de l’America était encore une affaire d’Etat).

On imagine ce qu’aurait été le résultat si de tels moyens avaient été alloués à de vrais grands architectes contemporains comme Frank Lloyd Wright.

Outre son lobby entièrement couvert de marbre doré du sol au plafond, ainsi que sa salle à manger…

… Marble House présente un grand intérêt maritime : l’un de ses derniers propriétaires n’était autre qu’Harold Vanderbilt. Fameux navigateur, il réussit à remporter trois coupes de l’America, sur Enterprise en 1930 (coque en bronze, plan Starling Burgess devant Shamrock), Rainbow en 34 (même architecte, devant Endeavour) et Ranger en 37, sans doute l’un des plus aboutis et des plus démesurés des derniers J-class, un des premiers testés en bassin de carène (même architecte associé au jeune Olin Stephens, contre Endeavour II). Même (surtout?) les grands marins étant superstitieux, la même barre équipait les 3 bateaux.

 

, …. une salle a été aménagée autour de ses exploits, et c’est à peu près le seul endroit à Newport, à notre surprise, où on peut se remémorer ces régates historiques. Il existe à Bristol, plus au nord, un musée Herreshoff (l’un des grands architectes navals des années 30), quelques exemplaires restaurés des années 60 naviguent à partir de Newport, et c’est tout.

Il y a peut être une explication, liée à un détail que nous ignorions : la présence de l’America à Newport est récente. Les régates de la grande époque, avec les monstres qu’étaient les classe J (plus de 40 m de long), étaient organisées par le New York Yacht Club et se couraient dans la baie de New York. Donc on régatait à New York et on recevait à Newport. Ce n’est qu’après la guerre, avec le passage aux « petits » bateaux, que les courses furent organisées à Newport, jusqu’à la victoire des Australiens qui mit fin à 70 ans de domination US. Ultime humiliation, la coupe fut remise aux vainqueurs sur la terrasse de Marble House, Harold Vanderbilt a du se retourner dans sa tombe.

Les deux nuits passées à Newport ne nous laisseront pas un grand souvenir. Certes l’entrée dans la rivière est imposante…

.. bien sûr le quartier historique qui a connu les grandes heures de l’indépendance vaut le détour.

et le homard y est excellent.

Mais tout le reste est très touristique et assez quelconque. De plus, le mouillage, rempli de bateaux à perte de vue, est mal protégé des vents de SW.

Les bouées se partagent entre plusieurs opérateurs, dans une organisation assez fantaisiste (par exemple le port public et une marina privée peuvent avoir chacun une bouée portant le même numéro sans que rien ne les distingue, on le réalisera à nos dépens en pleine nuit!). Quand on rajoutera que le Harbour Master a brillé par son absence le jour de notre arrivée, et que l’accueil au ponton des annexes est franchement désagréable, on aura vérifié une fois de plus le célèbre adage : plus c’est cher, plus c’est célèbre, moins l’accueil est soigné, aux Etats-Unis comme ailleurs. On commence à comprendre pourquoi nous n’avions pas trouvé de chantier ou de marina pour abriter Spica durant notre retour en France. C’est plus au nord de Narraganset Bay, à Barrington, que Spica est mis au sec, rendez-vous à l’automne. Désolé d’avoir été un peu long, mais il y a de la matière, dans ce coin!

 

 

 

 

 

One Response

  1. Patrick BERTRAND

    Merci de nous avoir permis de partager ce beau voyage tout en nous faisant entrer dans ce monde inconnu, pour nous, de la navigation à voile.
    Nous attendons les prochaines aventures.

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