USA 8 : Fall in Maine

Classé dans : Atlantique Nord, USA | 6

Portland, 3 octobre.

Nous y voilà! L’envie de visiter le Maine nous est venue par touches successives. A la commande de Spica, en discutant avec Rick et Julie, originaires du Maine, qui venaient d’acheter un Outremer 51, et qui nous avaient vanté la beauté de leur Etat. Au printemps dernier, en croisant aux Bahamas des bateaux américains et canadiens qui remontaient passer la saison d’été dans le Maine. Puis tout au long de notre remontée de la côte est, tous les américains rencontrés nous posaient la même question : allez-vous dans le Maine? C’est sans doute Ken et Dick, au chantier ou nous avions laissé Spica cet été, qui ont porté le coup décisif en nous laissant espérer, statistiquement, de beaux jours jusqu’à mi-octobre.

La saison “officielle” est très courte et codifiée : du 4 juillet, jour de l’Independance Day, au 4 septembre, jour du Labour Day. Et tout ferme le 4 octobre, jour du Colombus Day. En pleine saison, il semble que ce soit la folie dans les mouillages, pire que sur la grande plage de Houat un 15 août! Mais si on a la chance d’avoir une météo favorable avec un été indien, l’arrière-saison se pare de couleurs d’automne somptueuses. Aussi, dès qu’on apprend que Spica est libéré du salon d’Annapolis, nous décidons de tenter notre chance, en sachant qu’il faudra mettre cap au sud vers le 15 octobre. Cela nous laisse une douzaine de jours pour découvrir le Maine.

Contrairement à la plus grande partie de la côte est des USA, cette côte rocheuse est extrêmement découpée de dizaines de rivières, orientées principalement SE – NW, et parsemée d’un semis inextricable d’îles, abritant une infinité de mouillages, plus ou bien protégés du vent, de la mer et du courant.

Alors on se plonge dans les 200 pages de l’Embassy Cruising Guide, qui détaille en 6 chapitres les côtes du Maine. Les zooms successifs sur la cartographie électronique font apparaître de plus en plus d’îles et de mouillages, c’est un territoire fractal!. Ajouté à ces informations livresques, le bouche-à-oreille radio-ponton du style : « surtout ne ratez pas tel ou tel mouillage ». Et la perspective des homards qui font déjà partie du paysage!

 

 

Portland 3 – 4 (et 16 octobre au retour)

Parti tôt de Porstmouth sur une mer d’huile, Spica touche rapidement du vent portant fraichissant à 20 nœuds. Les 50 milles jusqu’à Portland sont avalés en une grosse demi-journée. L’arrivée est magnifique, sur une mer scintillante au soleil, au milieu d’îles, sur un plan d’eau animé.

Portland, à l’entrée de Casco Bay, est le principal port et la capitale économique du Maine. Nous avons réservé à la seule marina proche du centre, Dimillo, car il faut refaire le plein de la cambuse avant d’attaquer la partie plus sauvage du Maine. Créé par Tony Dimillo, immigré italien, le petit commerce initial est devenu une institution incontournable avec son restaurant installé dans un vieux ferry de Manhattan, servant des crustacés sortis directement de ses propres bateaux de pêche, le gigantesque parking, la marina et les services qui vont avec. On a bien sûr succombé aux charmes du restaurant qui sert du homard sous toutes ses formes dans les salons cosy du ferry ou ses différents ponts.

La marina est au cœur du vieux port qui a conservé ses bâtiments en brique du XIXème siècle, regorgeant de resto, bistrots et boutiques plus ou moins bobos. Dans la journée les quais sont bondés par l’afflux des croisiéristes débarqués des paquebots. En ce début octobre, il fait une chaleur incroyable, on est en teeshirts, ce qui est un encouragement à continuer vers le nord. Une piste cyclable fait le tour de la presqu’ile de Portland. On y circule devant les voiliers qui régatent le soir dans la baie, les goélettes et les vieux ferries qui promènent les touristes.

   

 

C’est aussi une vraie ville à taille humaine, où on peut se rendre à pied à un Trader’s Joe et un Whole Foods Market, garantie de réapprovisionnement de qualité.

On trouve tout pour le bateau dans une chaîne locale de shipchandler, Hamilton qui, malheureusement, se révèle incapable de régler notre problème de connexion d’une bouteille de gaz américaine. La crise d’approvisionnement en propane nous guette désormais, et nous décidons d’engager les grands moyens pour trouver une solution, à base de recherches sur Internet, sur les forums de voyage comme STW, de contacts avec des copains de bateau et autres. Ce problème méritera un post spécifique à venir!

A partir de Portland, on va sillonner en diagonale Casco Bay, Muscongus Bay et le début de Penobscot Bay, en alternant les mouillages sauvages et les petites villes au passé historique. Notre choix sera fonction des distances et surtout de la météo, pour s’abriter des deux coups de vent annoncés. Et on n’aura le temps de survoler qu’une petite moitié du Maine…

 

Diamond Cove, 5 octobre

A 5 milles de l’agitation de Portland se niche Diamond Cove, une toute petite anse orientée nord-est, abritée sommairement par un îlot, entièrement occupée par des corps-morts où viennent s’amarrer de petits bateaux à moteur, venus prendre un verre ou pêcher pour l’après-midi, devant une petite marina.

 

Confirmation que la saison est finie, et qu’il ne faut peut-être pas s’éterniser!

L’île est partagée en deux : le nord était occupée au début du siècle dernier par les militaires qui ont construit un fort et une garnison. Depuis, les bâtiments ont été revendus à des particuliers, qui se sont dépêchés de se protéger des intrus en semant partout des panneaux “private, no trespassing”. On a connu plus accueillant, d’autant que tout est fermé depuis début septembre, sans âme qui vive. Le sud de l’île, plus “normal”, est loti de maisons éparses dans la forêt. L’île est reliée au continent par un ferry, qui va nous éjecter de notre mouillage à la tombée de la nuit, Spica étant quelque peu sur sa trajectoire. Splendide lever de lune dans un calme absolu, et couleurs superbes au petit matin.

The Basin, 6 octobre : rejoint le top 10 des mouillages de Spica!

A partir de la ria New Meadows, on y accède par un étroit chenal qui tourne à angle droit et débouche dans une sorte de lac de montagne parfaitement immobile, entouré de forêt aux couleurs d’automne, un parfait abri contre le gros mauvais temps.

Quelques maisons bordent les rives, et ont accès à l’eau par des pontons privés. Le seul accès public se mérite et nécessite une escalade sur des rochers glissants. D’ailleurs il n’y a rien à voir à terre, un propriétaire riverain d’une bonne moitié du plan d’eau ayant eu la bonne idée de léguer ses terres à l’Etat contre une garantie de maintien en état sauvage à perpétuité. C’est l’endroit idéal pour faire du kayak.

Il parait que des dizaines de bateaux s’y agglutinent en saison. Nous sommes restés seuls jusqu’à la fin d’après-midi où deux autres bateaux nous ont rejoints.

 

 

La lumière est magnifique au coucher de soleil à travers les arbres. Pas un bruit…

Love Cove, 7 et 8 octobre

A force de tenter le diable, le mauvais temps arrive. Il faut se trouver un abri pour parer le coup de vent de sud annoncé pour la nuit suivante et le lendemain. Partis tôt de The Basin, un peu frigorifiés avec 12° dans le carré au réveil, Spica file vers le nord-est. On quitte Casco Bay et on remonte Sheepscot River, aux rives boisées bordées de belles maisons, comme celle-ci, qui occupe toute une presqu’ile …

… ou celle-là, qui nous ramène 5 ans plus tôt en Suède.

Après une rapide visite à Robinhood Cove, longue ria étroite et déserte, que nous jugeons un peu trop exposée au sud, nous optons pour Love Cove la bien nommée, qui se révèlera parfaite par ce fort vent de sud, dans Ebenecook Harbour.

On ne peut pas y mouiller, une zone de câbles occupant la majeure partie de la baie, mais une unique bouée visiteur qui inspire confiance nous attend en plein milieu. Petite sortie en kayak jusqu’à ce que la brume nous tombe dessus, puis une pluie diluvienne qui dure tout le lendemain matin. Il n’y a rien à voir ni à faire, ce que confirme une marche à pied le long d’une route qui traverse un village sans centre, commerce ni vie. Seul un petit chantier voisin emballe ses bateaux pour l’hiver (pratique très répandue, même pour les grosses unités : un film thermorétractable entoure tout le bateau, et le protège ainsi de la neige).

A terre, sur une île privée, une petite maison accueille ses invités, arrivant tous en bateau des maisons voisines.

On doit y fêter la fin de la saison : le lendemain matin, les propriétaires couvrent toutes les fenêtres de panneaux de bois.

 

Round Pond, 9 octobre

On ne serait sûrement pas allés à Round Pond en montant vers le nord si les restes de l’ouragan Nate n’avaient pas été annoncés. En cherchant à nouveau un endroit protégé, on a trouvé cet abri naturel protégé de tous les vents, dans une anse parfaitement circulaire située pas trop loin de l’entrée de Muscongus Sound. L’étape a été franchement glauque, brouillard, grosse pluie et c’est avec nos cirés et nos bottes qu’on prend une bouée au milieu de la baie, sous un déluge. La pluie battante laisse bientôt la place au brouillard…

Le site est un important port de débarquement des homards. Sur le quai est installée une guinguette où on commande son homard et ses clams au comptoir.

On vient récupérer les bêtes cuites un quart d’heure après, sur un plateau de self.

Le résultat est à la hauteur de la fraicheur et du savoir faire local : les meilleures palourdes et homards directement sortis de l’eau, bouillis et servis nature avec du beurre citronné fondu. Et la coopérative à côté vend des homards au prix du crabe de chez nous, alors on se lâche, et puis de toutes façons, comme souvent sur la cote du Maine, il n’y a rien d’autre à acheter!

 

Le village au dessus de la baie offre quelques boutiques : le Granite General Store et son extraordinaire commerce de candies…

… l’antiquaire, la boutique indienne et le café où on se réfugie avec un chocolat chaud et un wifi! La nuit ça mouille et souffle comme prévu, mais l’abri est parfait. Le lendemain matin le ciel est rincé, et il fait grand beau, dans un contraste saisissant avec l’ambiance de la veille, un peu comme en Irlande.

Rockland, 10 octobre

Port principal de l’entrée de Penobscot Bay, il ne nous laissera pas un souvenir impérissable, avec ses silos et ses gros réservoirs qui témoignent de son passé industriel. De plus, le port est très ouvert sur l’extérieur, mal protégé par une grande digue basse très éloignée, terminée par une curieuse maison-phare.

Après son déclin, Rockland s’est reconverti dans le tourisme, mais sans charme, avec quelques boutiques le long de la rue principale rectiligne pas très animée.

Une fois de plus, difficile de mouiller près de la côte en raison du grand nombre de bouées entourées de lobster pots. On prend donc une bouée à la marina The Landing. Nous serons probablement les derniers clients de l’année. Comme tous les ans, son propriétaire Kevin est en train de démonter les pontons et de les transporter à terre, car à cette période de l’année, les coups de vent et la glace ne sont pas loin!

Mais si l’arrivée à Rockland est décevante, la journée elle-même a été un grand bonheur de navigation. Sur une eau plate scintillant sous le soleil, avec un vent portant de 12 nœuds, en tee-shirts, nous avons navigué au large de la péninsule Pemaquid et entre les petites îles boisées de Muscongus Bay qui nous rappellent beaucoup l’archipel de Stockholm, en plus sauvage.

Un très beau raccourci, Muscle Ridge (rien à voir avec les muscles, c’est une déformation de “mussels”, les moules), permet de rejoindre Penobscot Bay en étant protégé du large. La route fait passer le long de très belles îles.

Cette navigation aurait pu être idyllique sans la présence des “lobster pots”, version locale des casiers à homards. La réputation du Maine repose autant sur la beauté de ses côtes rocheuses, boisées et sauvages, que sur la richesse de ses eaux en homards. A tel point qu’elle est surnommée  « the lobster coast ».

Le Maine fournit en homard bon marché une bonne partie de la planète, qu’il soit surgelé pour alimenter les promos bon marché chez Lidl en Europe, ou envoyé vivant en Chine. Les chiffres donnent le vertige : en 2016, 60 millions de tonnes ont été pêchées, pour un total des ventes de 547 millions de dollars! C’est principalement une économie de petits pêcheurs locaux, sur des bateaux de taille modeste, impeccablement entretenus, lavés et rangés tous les soirs au retour de la marée.

   

 

Bien que nous soyons (modestes) complices de cette destruction massive, elle nous met mal à l’aise, il est clair que la surpêche menace l’espèce. D’ailleurs le journal de Portland du 4 octobre pointait une stagnation des volumes, masquée par une augmentation des prix unitaires. Au détail, les prix vont de 6 dollars la livre pour les “soft shells” (les homards à coquille molle, qui viennent de muer et qui se conservent mal) à 8 dollars pour les “hard shells”, l’équivalent du homard breton, rien n’est aussi bon marché ici!. Grande question, sont-ils aussi bons que nos homards bretons? Soyons diplomates, ils sont excellents!

Les lobster pots sont immergés entre deux bouées, chaque ligne comprenant une dizaine de casiers. Dans chaque casier, nous avons vu remonter plusieurs bestioles, appâtées par des harengs en saumure. Résultat la surface de l’eau est recouverte de millions de petites bouées (sans exagérer), sans respect de chenaux, d’entrée de port ou de mouillage. Des flotteurs de couleurs variées, correspondent à leurs propriétaires, on suppose…

En navigation, il faut slalomer entre les casiers, quelquefois tellement serrés que les deux coques de Spica ne peuvent passer entre deux. On ne sait pas ce qu’il adviendrait si on s’en prenait un mais il traine des histoires de bouts pris dans les hélices obligeant à plonger dans une eau à 15 ° pour les libérer. Alors si on peut éviter… Résultat la navigation ressemble à un jeu de piste, l’œil rivé à la surface de l’eau, prêts à sauter à  la barre pour s’écarter d’un mètre ou deux.

C’est une navigation épuisante. D’autant qu’il y a des pièges : la bouée cachée dans un banc d’oiseaux, la bouée verte ou bleue, de même couleur que l’eau, le goéland que l’on prend pour une bouée, le phoque qui plonge alors qu’on avait pris sa tête pour une bouée, le reflet du soleil qui empêche toute anticipation (c’est bien la première fois qu’on tire des bords dans le soleil pour éviter de l’avoir en face!), les vagues et le courant qui font couler les casiers, visibles seulement entre 2 vagues, la brume… Au près (donc avec le bateau qui dérive), du courant, et une bonne brise, on ne peut plus quitter la barre, et ça devient vraiment chaud!

North Haven, 11 octobre

Entre Rockland et Camden, on est allés faire un tour dans l’archipel des Fox Islands, au centre et à l’entrée de Penobscot Bay. Ce sera notre étape la plus à l’est. Malgré leur relative proximité du continent, ces petites îles semblent très isolées La communauté qui y réside semble repliée sur elle-même, et la vie est rythmée par l’arrivée du ferry.

Les rares magasins à touristes sont fermés, et d’ailleurs tous les touristes sont partis. On comprend qu’il faut être un peu fou ou chanceux pour se promener en cette saison ici. Le mouillage principal est en face du village dans le chenal qui sépare l’île du nord et celle du sud, le Fox Island Thorofare.

Les bouées sont louées par le chantier Brown où on restaure des bateaux anciens dans un désordre sympathique.

Son le bâtiment, construit sur un dock sur pilotis, date de 1850, comme les maisons alentour.

 

 

 

Une curieuse maison a été construite tout près, par un nostalgique des caravelles, sans doute.

L’endroit est charmant, et on y trouve des mouillages bien abrités quelle que soit l’orientation du vent. Une carrière y fut très importante, ce qui explique que tous les pontons soient construits sur d’énormes blocs de granite.

Là aussi, ambiance très baltique.

Camden, 12 octobre

C’est la rivale de Rockland, à seulement 10 milles au nord. Mais là, c’est un vrai coup de cœur. La ville est entourée de collines aux couleurs d’automne, surnommée « La Grande Dame » (en français dans le guide) de Penobscot Bay. Elle a un long passé de navigation à bord de goélettes classiques, dont les répliques sillonnent encore la baie aujourd’hui.

Le port est minuscule, plutôt mal protégé, et comme souvent, la densité de corps morts interdit de mouiller.  Le marin de la marina Lyman-Morse nous trouve une bouée dans l’anse bien protégée de Sherman Cove, à quelques minutes d’annexe du vieux port. C’est une ville ravissante, avec ses rues tortueuses, animées, ses boutiques sympas et ses nombreux restaurants.

Mais avant de mettre les pieds sous la table, on a décidé de gravir le Mont Battie, qui domine, à 300 mètres de hauteur, toute la baie. L’ascension est digne d’une petite rando bien raide dans les Alpes. Les chaussures de marche sont les bienvenues pour escalader quelques passages rocheux abrupts. Au sommet, vue spectaculaire sur le port, Penobscot Bay et Spica sur sa bouée.

 

On se dépêche de descendre car la température baisse rapidement. Pas plus de 5° (Celsius, quand même) étant annoncés pour la soirée, retour au bateau pour troquer nos tee-shirts contre duvets et bonnets, pur affronter le froid mordant. Ce premier coup de froid est un avertissement pour ne pas trainer ici et donne le signe du retour vers le sud.

Christmas Cove, 13 octobre

Sur le chemin du retour, départ de Camden au petit matin froid (4° dans le carré …). On descend poussés par un vent portant sous le soleil qui réchauffe timidement l’atmosphère. Très belle étape qui nous amène à Christmas Cove. Ce très bon abri tous temps, à l’entrée de Damariscotta River, a été découvert par un certain John Smith, le jour de Noël 1614. On y accède par un chenal étroit entre les cailloux, qui débouche sur une anse circulaire protégée de tous côtés.

L’anse est malheureusement entièrement couverte de corps morts, vides de tout occupant en cette saison. Presque toutes les maisons autour de la baie sont fermées. On part à pied jusqu’à South Harbour, hameau de pêcheurs à peine plus vivant, en passant devant une belle église.

Boothbay,  14 et 15 octobre

est un centre touristique et un port de pêche très actif. Malgré la saison avancée, elle reste très animée. A l’arrivée en fin de matinée et sous le soleil, on découvre la ville en arc de cercle autour d’un abri naturel protégé par un passage étroit entre les rochers.

Toutes les constructions au bord de l’eau sont bâties sur pilotis.

   

 

 

Un vieux pont en bois coupe le port.

 

En son milieu, la “Bridgehouse” datant de 1902, naturellement munie de son ponton privé, domine le mouillage.

Boothbay, port de pêche très actif, est aussi un site historique de construction navale.

La taille du Boothbay Harbour Shipyard nous impressionne, gagné sur l’eau sur une plateforme sur pilotis, avec ses cales de radoub et ses rampes de lancement à l’ancienne.

Autour, de belles maisons accèdent à la mer par des jardins en pente douce.

De l’autre côté, près de la criée, un groupe de rock’n’roll joue au Boothbay Lobster House, devant son public de groupies et d’habitués.

Ca fait un peu thé dansant du samedi après-midi, homard dans l’assiette bien sûr (à 16h, pas pour nous, merci). Et ça vous permet de lire la suite de ce post en musique:

Le lendemain matin, réveil 6 heures pour passer avant un coup de vent de suroit annoncé pour l’après-midi. Mais en ouvrant l’œil, notre motivation tombe devant un brouillard à couper au couteau et un petite averse.

Alors on se dit que Boothbay est l’endroit idéal pour faire le dos rond en laissant passer le front. Bien au chaud dans le carré avec un petit coup de chauffage pour combattre l’humidité ambiante, on attend l’éclaircie pour aller se dégourdir les jambes. Puis d’un trait d’annexe au lobster pier, on va acheter des homards et des palourdes. Le soir, pendant que le vent de SW souffle fort sur la baie (nous confirmant la qualité de cet abri, bien qu’exposé au sud), c’est atelier cuisine dans le bateau pour concocter une soupe de palourdes, selon une recette traditionnelle de « clam chowder » et cuire les homards. Et là, catastrophe, la bouteille de gaz nous lâche. Heureusement qu’on en a une petite de secours car le homard cru risque de se défendre!

Petite digression sur la normalisation ; notre bateau est équipé d’origine d’une bouteille de propane de 11kg, standard français bien connu. Bonne nouvelle, les américains utilisent aussi du propane. Mauvaise nouvelle, impossible de faire remplir ces bouteilles aux USA. Deuxième mauvaise nouvelle : les bouteilles US ont un raccord incompatible avec les installations françaises. Troisième mauvaise nouvelle, ce type de raccord est introuvable aux USA. Après pas mal de recherche et de radio mouillage (merci à Rick et Julie sur l’Outremer 51 Archer!), deux sociétés livrent ce matériel : la PME française Autour du gaz (http://www.autourdugaz.fr) et la société britannique GasBOAT www.whayward.com()Jean-Pierre et Liliane, qui nous rejoignent dans quelques jours, voient leurs bagages s’alourdir. Il nous reste à investir dans une bouteille US. Réussira-t-on maintenant à la remplir? Réponse dans un prochain article…

De retour à Portland, à nouveau sous le soleil, on clôture cette visite expresse du Maine : un véritable coup de foudre et beaucoup de frustration de n’avoir qu’approcher cette extraordinaire région. Alors la série aura-t-elle une saison 2? Tout ça nous fait réfléchir sur le programme des mois à venir…

 

 

 

6 Responses

  1. Claire guihard

    Merveilleux petit déjeuner ce lundi matin en musique et au fil de photos superbes. Merci à vous deux

  2. Louis-Bernard BOHN

    Chers amis, vous en avez toujours plein les yeux…
    Merci de nous faire partager cette joie de la découverte de sites aussi merveilleux…
    A Granville aussi nous avons connu quelques journée de brouillard… Mais les îles et les couleurs d’automne sont moins nombreuses.
    Je connais un vieux curé de Chausey qui remplissait les bouteilles de camping gaz des campeurs et des yachtmen, à partir d’une bouteille de 13 kg, après les avoir préalablement refroidies au congélateur.
    Ce qui devait arriver arriva… Il se retrouva, après un vol en hélico de Chausey à Granville, dans le service de mon beau frère à l’hôpital la barbe et +, bien roussis…
    Quand mon beau frère lui demanda comment il allait. Il répondit avec son accent normand : “ça gaze…ça gaze !”
    Le même saint homme, un jour de soudure dans sa cure de Chausey, qui servait d’atelier pour tous les marins du coin, nous lâcha, avec le même accent, un “je l’eu cru chûe” en parlant de la poignée en cuivre qui était en train de subir la dite soudure et que l’un d’entre nous manqua de laisser tomber au moment du retournement de l’objet pour faire la soudure sur l’autre côté. N’importe quel marin normalement élévé sur terre ou sur mer aurait dit le célèbre mot du Général Cambronne.
    Mais des histoires de marins comme celles là vous en avez plein votre mémoire…
    Bonne cuisine avec du gaz américain…
    Amitiés.

  3. Frédéric JP d'allest

    J’ai lu avec grand plaisir ce journal qui m’a rappelé plein de bons souvenirs, la nav au milieu des casiers, des couleurs d’Automne magnifiques, les homards, les queues d’ouragan qui passent (abri à New York puis Porstmouth) et last but not least le raccord de gaz, pièce chimère pour passer du standard US au standard européen ou vice versa. J’avais couru tout Québec pour finalement trouver un fournisseur de matériel hydraulique qui a bien voulu m’en tourner un. Je le conserve précieusement à bord pour ma prochaine croisière en Alaska.
    Mais vous avez bien exploré les côtes du Maine que je n’ai qu’effleurées. Il est vrai que j’arrivais de l’Antarctique ….pour aller hiverner à Québec.
    Bravo pour ce récit et belles photos. Surprise pour moi: dans ton superbe canote tu n’as pas un bon chauffage ? C’est un investissement que tu ne devrais pas regretter. Amitiés Jean-Pierre
    PS ton OVNI va bien et ses amarres aussi.

    • Spica

      Hello Jean-Pierre,
      merci pour ton aimable commentaire. Rassure-toi, on a bien un chauffage à bord, Webasto à circulation de glycol, 20 degrés à tous les étages!
      Et merci aussi de garder un œil sur Nunki!
      Amities
      Michel

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